L'histoire du Cercle de Fermières de Saint-Charles-de-Bellechasse

Le mouvement des cercles de Fermières est le fruit de l'ini­tiative de deux agronomes qui, en 1914, avaient étudié des groupements œuvrant à l'extérieur du Québec et qui offraient aux femmes un milieu où elles élaboraient des moyens d'action pour améliorer leur niveau de vie tant au plan matériel, intellectuel que moral.

Et c'est dans cette optique que furent fondés les cercles de Fermières du Québec qui, en plus de viser à améliorer la condition féminine et familiale, se sont faits la courroie de transmission de notre riche patrimoine artisanal et culturel.

C'est en 1915 que furent créés les premiers cercles, d'abord à Chicoutimi et ensuite à Roberval, dans le but de refléter et, surtout, de réaliser l'idéal qui avait présidé à leur fondation. Faisant boule de neige, le mouvement s'est vite répandu au Québec pour ensuite déborder au Nouveau-Brunswick et même jusqu' à Labrador City.   Il compte aujourd’hui 825 cercles et 50 000 membres qui défendent leurs intérêts en soumettant à leurs instances dirigeantes leur point de vue sur les dossiers d'actualité, tels l'environnement, la santé, l'éducation, l'économie familiale, etc.

Sous la présidence de l'agronome Alphonse Desilets, le cer­cle de Saint-Charles fut fondé le 29 janvier 1920. L'assemblée d'une trentaine de membres procéda à la for­mation du premier conseil et Mme Marie-Louise Gonthier en fut élue présidente. Ancienne institutrice, elle fit autant sa marque dans ses nouvelles fonctions qu'elle l'avait faite dans son rôle d'enseignante.  Mlle Mélanie Leclerc fut nommée secrétaire, alors que Mmes Alphonse Gosselin et Alphonse Chabot étaient choisies conseillères.

Dès ses débuts, le cercle reçut l'encouragement du ministère de l'Agriculture qui fit distribuer aux membres des graines de semences de jardin, deux essaims d'abeilles et des œufs incubés pour améliorer l'élevage avicole. Un bélier de race fut même mis à la disposition des éleveurs de moutons.

Par la suite, on demanda aux Fermières de faire revivre l'arti­sanat des lainages et toiles. Trois membres furent choisies pour soumettre au ministère différents échantillons fabriqués de laine naturelle, dans le but de les exhiber lors d'expositions et de populariser ainsi ce genre de travaux.

L'engouement pour l'artisanat se répandit rapidement et l'on trou­va bientôt un métier à tisser dans beaucoup de foyers. Les cultiva­teurs vendaient de 20 à 25 cents la livre les surplus de laine brute et prête à être utilisée. De plus, on semait, brayait, filait et tissait le lin pour en faire les chaudes étoffes, les bonnes couver­tures en toile du pays, les catalognes et les traditionnels tapis.

Et dès 1922, commence la distribution par le gouvernement de plants de fraises et de framboises, cultures qui de nos jours ont pris une ampleur considérable. D'ailleurs, on ne saurait passer sous silence l'intérêt que nos membres ont toujours porté à l'art culinaire. Elles se sont toujours fait un plaisir de conserver les bonnes recettes de nos mères, de les améliorer au rythme de la modernisa­tion des techniques culinaires, et même d'en inventer de leur cru au gré de l'évolution des goûts.

  Et pour conclure sur les activités de notre cercle, il faut souligner sa participation généreuse aux diverses exposi­tions où nos artisanes et artistes ne manquent pas de récolter le fruit de leur talent et de leur travail tout en méri­tant pleinement les éloges qui leur sont rendus.

Voilà donc, tracé à grands traits, un tableau de la naissance de notre mouvement et, surtout, de l'action positive qu'il a suscitée dans notre paroisse.  Hommage soit rendu à ces femmes déterminées, à ces âmes dirigeantes qui ont mis tant d'énergie et de talent à bâtir un mouvement et des cercles paroissiaux dédiés à la cause des femmes, fermières et autres, et à leurs familles.

Des cercles comme le nôtre ont joué pleinement leur rôle, conciliant tradition et progrès. Leur structure, basée sur le bénévolat et l'amour du bien et du beau, ne peut que leur assurer un rayonnement durable pour le plus grand bien de nos communautés paroissiales.

 

 

Source : texte de GeorgetteTurgeon, Livre du 250e de St-Charles-de-Bellechasse (1999), p.267-268

 

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